Antoine Volodine –

Le port intérieur

Oser définir l’œuvre d’Antoine Volodine est bien aventureux. Pardon à ceux qui depuis des années la commentent, l’observent et l’accompagnent.
Ce qui va suivre sera donc, pour ceux qui ne connaissent pas Volodine, une entrée dans ses écrits, grâce à des extraits de ce que l’on appelle parfois des « récits chuchotés » du roman Le Port intérieur, paru en 1996 aux éditions de Minuit.

Breughel – mais est-ce son véritable nom ? – est en fuite depuis plusieurs années. Il s’est réfugié à Macao. Poursuivi, vraisemblablement parce que déserteur ou dissident et considéré comme traître par l’organisation à laquelle il appartenait, qu’il appelle tantôt le paradis mais plutôt, la plupart du temps, le Parti, il se terre dans un bidonville construit sur un marécage, dans une pièce humide et crasseuse dont la porte donne sur une ruelle encombrée de détritus et d’une humanité en errance.
Breughel n’a pas réussi à échapper à Kotter ( mais Kotter n’est pas son nom ) l’envoyé du parti qui est venu pour le torturer et obtenir des renseignements à propos de Gloria, la femme que Breughel a aimée. Aime encore.

Breughel parle, parle, prisonnier de Kotter dont la propre parole se faufile dans le récit, mais peut-être ce que dit Kotter est-il tout simplement ce que Breughel imagine, car Breughel est l’écrivain des vies qu’il s’invente, à lui et à d’autres. Dans une représentation où chacun insinue sa voix dans un théâtre infini, une rêverie infinie. Qui est Breughel ? Qui est Kotter ? Le même sans doute. Qui sait ?

Les extraits sont à écouter ici : https://ouest-track.com/podcasts/10-minutes-chronique-365/10-minutes-chronique-antoine-volodine-le-port-interieur-8354